Texte de Tonyskills

La première fois, elle n’était pas prête à mourir, mais cette fois-ci elle souhaite se donner la mort.

 

Quelques mois après son arrivée dans ce nouveau monde fantastique, rempli de monstres et créatures différentes, d’une géographie pleine de légendes, mystères et traditions, c’était déjà selon elle le moment de quitter à nouveau la vie.

 

Décidée, elle se mit en direction de la forêt au petit matin, avec une corde robuste achetée au préalable hier au cordonnier et un minimum de vivre. Premier pas dans la forêt, le soleil est enfin levé, des insectes et quelques bêtes autour mais rien ni personne n’était là pour entraver sa route. 

Midi, les premiers nuages cachent le soleil et les premiers sentiers peu marqués se multiplient sur le chemin, ce qui ne l’empêche pas d’avancer, chaque fois un peu plus profondément au cœur de la forêt. Au retour du soleil, une petite halte pour grignoter et s’hydrater avant de reprendre la marche.

 

Le temps se couvre, mourir d’un petit coup de froid sous la pluie n’est pas vraiment ce qu’elle voulait elle s’abrite donc d’abord en longeant un peu plus les arbres quittant peu à peu les semblants de sentiers qui la guidait jusque-là. 

Coup de chance ou le destin, elle trouve refuge dans une ruine, un rémanent de village poussiéreux, quelques toiles, des équipements érodés et oxydés par le temps. La plupart des bâtiments semblent encombré de pierres et de bois, probablement issu des murs et toitures qui les composaient par le passé. Un logis avec quelques fleurs ayant repris du terrain sur l’ancien sol de la bâtisse devînt un petit refuge pour une aventurière proche de sa fin.

 

L’averse prît fin. Le soleil en déclin se montrait une dernière fois et elle reprit la marche, un nouvel état d’esprit avec un peu d’impatience et à la fois de la peur, bientôt le moment venu pour elle de se dire au revoir. 

Aucun bruit autre que ses propres pas, sa respiration, les branches qui craquaient incessamment sous ses pieds et les feuilles mortes qu’elle déplaçait légèrement en passant. 

Au crépuscule, elle trouva un point d’eau au pied d’une cascade dans lequel elle put se désaltérer. Non loin de là, elle repère un arbre isolé du reste de la forêt. Pour elle, c’était ici, et le ciel sonnait l’heure de terminer le voyage. 

 

Elle se tenait debout sous une branche du dit arbre, un moment de silence pendant lequel plein de pensées l’envahissent, l’angoisse et le trac, passer à l’acte semblait difficile. Bien décidée à y parvenir elle commença à chantonner pour se calmer. Pendant plusieurs minutes rien n’était là, ni elle ni cet arbre ou sa corde, seulement cet air.

Enfin, elle arrêta et enroula la corde au cou avant de grimper sur l’arbre. Elle lia la corde à la branche et se tenait prête à se lancer. La branche solide semblait un peu marquée mais ça n’avait plus d’importance maintenant seulement la fin en avait. Et avant même qu’elle ne s’en aperçoive, elle s’endormit mystérieusement.